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kitty

Topic livres - A lire ou à laisser

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Moi, lire Charles Bukowski, c'est comme boire un ballon de bourgogne, ça descend comme la vierge en culotte de velours.

 

Buk :resp:

 

Les contes..., je l'ai lu il y a trois ans, voic mon impression de l'époque:

 

Charles Bukowski et ses "contes de la folie ordinaire".

Par chance pour moi, il a écrit une suite si l'on peut dire "nouveaux contes de la folie ordinaire", car ce sont des nouvelles qui se lisent avec délectation, comme on regarde la télé, la télécommande dans une main, l'autre dans le slibard, comme Al bundy en somme et c'est normal.

"Hank", son surnom (Charles Bukowski) raconte son histoire, sa vie, sans fioriture. il est déjà connu et reconnu comme un auteur nouveau, pas du tout académique, très underground dans l'esprit, adoré des nouveaux étudiants (années 70) car il ne respecte pas les codes. C'est vulgaire, il parle comme il écrit, mais il en dégage une force et un style littéraire à part entière. Sous sa carapace, sa gerbe d'insultes et de vulgarité, il y a un message humaniste, celui de la vie, la vraie, pas de strass, mais de la crasse; pas d'histoires d'un super héros, mais celles d'un alcoolo, pas d'idéologies, juste le quotidien d'un continuel binge and purge, le "live shit"sg3agguitg3ag.gifsg3agcheveuxg3ag.gif , le vomi et dégueuli.

 

J'ai tout de suite adhéré à son discours.

 

A charles Bukowski de GDP, un de mes pères spirituel.sg3agbjg3ag.gifsg3agculsecg3ag.gifsg23gbeer2g23g.gif

 

Préface: le jour ou j'ai rencontré Bukowski

 

Citation :

J'avais envie de voir la gueule de C. Bukowski, l'écrivain de Los angeles. je voulais respirer de près son haleine épaisse de vieil alcolo.

J'aimais déjà avant ce Rabelais qui carbure à la bière, ce Miller ventru qui débite en toute simplicité d'ignobles vérités. Il fallait que je le rencontre, que je lui cause, et surtout:il fallait traduire ses textes.

On m'a donné son adresse au Los Angeles free press, le journal underground qui a été racheté par la Mafia.

Je sonne chez lui. J'attends devant une porte vitrée, au rez de chaussée d'un pavillon vert pomme, entouré de pavillons tout aussi vert pomme. Il est seulement midi et demie. Bukowski doit cuver sa bière. Non. La porte s'ouvre. c'est lui. Il a un énorme bedon blanc et une tronche vérolée de vieil hobereau prussien. Par principe et pour voir, il est d'abord méfiant et bourru. Je prononce enfin la phrase magique:

"I come from Paris;"

Sourire. Il me fait entrer et va se poser sur un canapé. je repère des bouteilles de bière dans le décor; on dirait un pavillon témoin des années 50. et partout des bouteilles de bière. Vides. Sur la moquette archi usée. Sur les accoudoirs des fauteuils. dans les plis de l'édredon sur le lit. Sous les chaises. dans une poubelle. au moins deux cents bouteilles de bière? beaucoup de Budweiser. A part ça, rien, sauf une machine à écrire sur une petite table et une dizaine de livres qui trainent là un peu au hasard.

Bukowski s'enfonce dans les coussins en polyurethane de son canapé. Sa chemise baille sur un maillot de corps troué. Le pantalon ferme mal sa bedaine. Son œil commence à briller et quand l'oeil de Bukowski brille, on a envie de se marrer. Il se penche vers moi et chuchote:

"Il y aune fille dans la salle de bains...Elle fait un mètre quatre-vingt-dix."

Il rigole.

Bukowski doit avoir cinquante ans. Il a fait des tas de métier. Il a vomi ses tripes dans tous les bars de L.A.sg23gkichg23g.gif ,trainé sa dégaine de clodo sur tous les champs de courses et s'est fait virer à coups de pompes de toutes les fêtes ou on l'a invité.Il est bien trop intolérable.A cinquante ans, il est devenu l'écrivain, romancier et poète, chroniqueur aussi dans la presse underground.

On entend du bruit dans la cour. Bukowski se lève d'un bond et, le bide à l'air, va gueuler à la fenêtre:

"Saloperie de merde! j'en ai marre de vos foutues poubelles de merde!"

Son œil se marre encore. je regarde sa poubelle remplie de bouteilles. Il a le don d'envenimer les choses pour que "ça pète".Parfois ça se termine avec des coups. Alors il mouche son sang qui pisse et se met une escalope sur la bosse.

Et Miller? Il ne l'a jamais rencontré. On avait arrangé un tête-à-tête mais Bukowski a oublié d'y aller. même chose pour Ginsberg et Burroughs, seulement entrevus une fois, par hasard, dans un studio de radio. Bukowski est un solitaire.

Il se marre: "Tu es mon premier écrivain."

Bukowski écrit ses romans d'une traite, en vingt ou trente jours, et en travaillant douze heures d'affilé. Il compose aussi des poèmes, cinq ou même dix en une seule nuit. Il marche à la bière, avec parfois un petit joint pour s'y mettre.

"la bière ça te donne des rushes comme l'alcool (bah oui mon vieux Hank, c'en est, sauf pour toi,ça c'est de moi et ce sera la seule)et ça tient compagnie toute la nuit.le problème avec les joints, c'est que tu te marres et que tu t'arrêtes d'écrire!"

Charles se lève. Il va mettre une autre chemise. Au fond il est content qu'on vienne le voir de Paris. Il enfile une chemisette jaune canari.

"Superbe hein? je l'ai mise en ton honneur."

Il commence à raconter des horreurs, avec une pointe d'ironie qui fait tout passer.

"L'autre soir, j'étais à cette fête. une blonde avec un chemisier en soie vient me parler; Elle a des pilules plein la poche. elle me les fait voir. je lui demande si elles sont bonnes. Elle m'envoie un de ces sourires! j'en prends une quinzaine et je les frotte contre mes lèvres. Je suis pas rasé. J'ai ma tronche de vieux vérolé et je lèche les trucs. La fille panique. Alors je les lui rends, tout mouillés, all goochy-goochy..."

L'oeil pétille.

Toutes les histoires de Bukowski sont aussi vraies qu'infectes et, en cela font honneur à la littérature: il raconte ce que les autres enjolivent et dissimulent. Le sexisme, la misère du quotidien, la violence et le sentiments de ceux qui se curent le nez. et c'est pour ça qu'il gêne: il parle à tout le monde.

"je ne vais plus dans les bars. J'ai l'estomac fragile maintenant. Mon rêve, ce serait de e fringuer à mort et d'aller dans un restaurant chic. Je me planterais au bar, je boirais en me foutant du maître d'hôtel, jusqu'à ce que le cuisinier fiche le camp."

la copine de Charles sort de la salle de bains. Elle est grande, ça oui, avec une tête d'étudiante des années 60. Elle me dit:

"alors Charles est très connu en France?"

Il rit:

"J'ai cinquante cinq ans, il me reste trente ans à vivre. Je fais attention. Tiens, je boirais bien un coca."

On est samedi.

"Charles, tu vas aux courses?

_Non, trop de touristes le samedi."

Il a envie de fumer un joint. En Californie, on doit bien fumer dix tonnes d'herbe par jour. Il se souvient du temps ou il allait lire ses poèmes dans les facs. Unjour ila trouvé les étudiants si cons qu'il a arrêté sa lecture et s'est mis à leur poser des questions, puis à les couvrir d'insultes. Bande de cons!

Et Bukowski se met à parler du diable: "il est pas mal, mais il fait trop d'erreurs.

_Et Dieu?

_C'est vrai. je suis un con. Dieu c'est pire."

Jean François Bizot

 

Si vous avez lu jusque là, je vous en remercie et pour vous remercier -> les citations:

 

p19:

Citation :

J'aime quand on boit boit comme ça, a dit le gros. Ici, il n'y en a que des pédés, ils s'assoient et ils dorlotent leur demi pendant des heures. Des lavettes. J'aime ta façon de lever le coude étranger.

 

p21:

Citation :

Je suis retourné à l'hôtel, j'ai vidé une pinte de whisky, cinq ou six cannettes et, enfin, j'ai réussi à chier-un acte exaltant! On aurait du l'imprimer ça aussi.

 

p22:

Citation :

_je ne bois pas, je me soûle.

 

p23:

Citation :

_Pas la peine. Si je suis capable de trouver le bordel, je trouverai bien cette maison.

 

p24:

Citation :

_Vous ne voulez pas vous battre contre adolf hitler?

_Pas vraiment. J'aime autant que d'autres s'en occupent;

_Vous êtes un lâche!

_tout à fait. Ça ne me dérangerait pas tellement de tuer un homme, mais je ne supporterai pas de dormir dans des casernes, au milieu d'une bande de ronfleurs, et d'être réveillé par un cinglé avec son clairon. ensuite je n'ai pas envie de renter dans cette saloperie caca d'oie qui démange la peau; j'ai la peau très sensible.

_je suis heureuse que vous avez une sensibilité quelque part.

_Moi aussi, mais je préférerais que ça ne soit pas ma peau.

_Vous devriez écrire avec votre peau.

_Vous devriez écrire avec votre chatte

_Vous êtes abject. et lâche. (...). Mon fiancé (...) vous casserait la gueule.

_C'est probable, et je n'en serai que plus abject.

 

p27-28:

Citation :

_quoi chérie?

_je dis que tu ressembles à un tonneau de merde!

_enfin qu'est ce qui te prend,mon lapin? Tu cherches des histoires?

_La ferme! Regarde autour de ton ventre, des vrais pneus.

Sarah avait raison(...)

Sarah a commencé à rationner mes calories; Finies les fritures, le pain, les patates et les sauces; j'ai tenu bon sur la bière, histoire de lui rappeler qui était le chef ici.

 

p32:

Citation :

Si tu veux devenir amiral de la reine

apprends à t'écraser à lécher le cul

mesure 20 centimètres et quand mesure la reine

tu peux mater tranquille le gros jet de son cul...

 

p37-38:

Citation :

Il fait chaud ce soir, chez Tony. On ne pense même pas à la baise. Une bière bien fraîche, c'est tout. (...)

"quoi de neuf Tony?

_Et merde!

_C'est pas nouveau

_merde dit Tony

Merde" dit Mike l'indien.

On sirote nos bières et je demande à tony:

_Qu'est -ce que tu penses de la lune?

_merde._ouais dit l'indien; le mec qui est con sur terre il reste con sur la lune. Pas de raison que ça change.

_Il paraît, dis je, qu'il n'y a pas de vie sur mars.

_Et alors? demande Tony?

_et merde, file nous deux bières."

Tony envoie les bières, vient ramasser la monnaie, fait sonner sa caisse, revient:

"Putain de chaleur. J'aimerai être aussi mort qu'un tampax d'avant hier.

_Ou vont les hommes quand ils meurent, tony?

_merde. Qu'est ce que ça fout?

_Tu ne crois pas à l'âme?

_Un sac à merde!

_Et le Che? Jeanne d'Arc? Billy the kid?

_sacs à merde!"

on vide nos bières, en pensant à tout ça, puis je dis:"attendez je vais pisser."

je me dirige vers le pissoir et là, comme d'habitude, je tombe sur Pete la Chouette.

Je sors mon truc et commence à pisser.

"t'as vraiment une petite bite dit Pete.

_Quand je pisse ou quand je médite, ouais. Mais je suis du genre hyper-élastique. quand il fait y aller, tu peux multiplier par six.

_alors c'est bien, surtout si tu mens pas, parce que je vois quand même cinq centimètres.

_et tu vois que le gland.

_Je te file un dollar et tu me laisses sucer.

_C'est pas derche.

_Tu montres pas que le gland. tu montres toute la queue.

_va te faire foutre Pete!

 

p40:

Citation :

_sur ce, il se pinte pour de bon, mec, et finit par lâcher le morceau. Il a fait les plans d'une femme mécanique qui te baise mieux que toutes les grandes putes de l'histoire! Tout ça sans tampax, sans emmerdes, sans baratin!

_ca, c'est la femme que j'ai recherché toute ma vie.

 

p49:

Citation :

Je m'assieds, je vide la bouteille de vin, j'entends la sirène. Ils auraient mieux fait d'appeler les éboueurs. Bah! qu'est ce que j'en ai à foutre, chacun ses problèmes, on se demande chaque mois, d'où va tomber l'argent pour le loyer, on est trop beurré pour chercher du travail. alors, on baise pour oublier, ça permet de tenir un bout de temps; On baise tant qu'on peut, et dieu merci, Linda est un bon coup.

 

p51:

Citation :

je m'assieds et je bois, je pense à ce salopard de fils de pute qui a fermé le camion. Voila ou mène la courtoisie. Puis je pense à l'Armée du Salut. est ce qu 'ils acceptent les couples non mariés? bien sûr que non, on n'a qu'à crever de faim. L'amour c'est un gros mot pour eux. Et c'est bien ce qui nous unit Linda te moi: l'amour. C'est pour ça qu'on crève la faim ensemble, qu'on vit ensemble, qu'on vit ensemble. A quoi sert le mariage? A sanctifier la BAISE, jusqu'à ce qu'elle tombe inévitablement dans l'ENNUI, jusqu'à ce qu'elle devienne un BOULOT.

Voila ce que le monde veut faire de nous: de pauvres mecs, piégés et malheureux, rivés à leur boulot. Et bien merde,...

 

p59:

Citation :

"JE ME CASSE DE CE PUTAIN DE TROU! je crie à Vicky. TES CONNERIES ME SORTENT PAR LES TROUS DE NEZ!"

"il faudra que tu marches sur mon cadavre, si tu veux sortir!

_O.K., si c'est ça que tu veux."

Elle en reçoit une bonne et elle s'écroule devant la porte. je dois déplacer le corps pour sortir.

 

p69:

Citation :

"je me suis retrouvé à Venice avec une fille et une centaine de dose d'acide. J'ai cru qu'on me courait au cul et j'ai filé chez Borst avec la fille et les acides. je cogne à la porte et je crie: "ouvre, magne toi! Je me trimballe avec cent trips et j'ai des mecs au train!". Borst ferme à clef? je shoote dans la porte et j'entre au pas de course, toujours avec la fille. Borst est par terre en train de branler un mec? Je cours dans la salle de bains avec la fille et je ferme à clef. Borst frappe à la porte.Je lui dis: "surtout reste dehors!" Je suis resté là dedans une bonne heure avec la fille. On a baisé deux fois pour rigoler, puis on est sortis.

 

p75:

Citation :

Ca s'est d'abord passé au rez de chaussée dans cette grande baraque de deux étages que Hyans avait loué. On trouvait là une poignée de volontaires semi-ringards, l'affaire en était au début et ça excitait tout le monde,sauf moi; je matais les filles pour un coup éventuel,mais elles se ressemblaient toutes et elles se conduisaient pareil; toutes dix neuf ans, le cheveu queue de vache,petit cul, petits seins, de l'énergie, de la pagaïe, et très contentes d'elles sans savoir pourquoi. je laissais trainer mes pattes d'ivrogne mais elles restaient toujours cool. Supercool.

"Ecoute, pépé, on aimerait mieux te voir lever le drapeau du nord Vietnam!

_Ouais probable que tu pues la chatte!

 

p96:

Citation :

Moi qui avait rencontré genêt, Miller, Picasso et tutti quanti, j'étais incapable de me faire embaucher comme plongeur. J'avais bien essayé mais avec ma bouteille j'avais fait long feu.La patronne, une grosse mémé, avait gueulé:

"ce type ne sait même pas faire la vaisselle!"

 

p104:

Citation :

La différence entre une démocratie et une dictature, c'est qu'en démocratie, tu votes avant d'obéir aux ordres. dans une dictature, tu ne perds pas ton temps à voter

 

p136:

Citation :

"HEY, BANDE DE PINES! PERSONNE N'A FAIM?"

 

p138:

Citation :

La bonne femme qu'on m'avait présentée comme la mère de la mariée montrait maintenant un bon morceau de cuisse et ça se présentait bien,tout ce nylon monté sur talons aiguilles de luxe, sans compter le petit bijou du côté des orteils. de quoi faire bander le roi des cons, et j'étais à moitié con, pas plus.

 

p140-141:

Citation :

Le reste du trajet a été remarquable de silence. j'habitais une petite rue sur le boulevard pas loin d'Hollywood (évidemment). pas moyen de se garer. Hollis a déniché une place à cent mètres de chez moi et garé la bagnole. On m'a tendu les clés. Je les ai vus traverser la rue, jusqu'à leur bagnole à eux. je les ai suivi des yeux, j'ai fait un pas te je les regardais encore, ma bouteille à la main, quand je me suis pris le pied dans mon pantalon. mon premier réflexe, en tombant, a été d'empêcher cette bonne bouteille de cogner le ciment (maman et bébé) et, comme je tombais sur le dos, d'atterrir sur les épaules en tenant haut la tête et la bouteille. J'ai sauvé la bouteille mais pas la tête, qui s'est farci le trottoir. BONG!

(...)

Deux bonnes femmes passaient. elles se sont retournées sur moi.

"Oh! regarde! Il va pas bien?

_il est soûl!

_Il est malade, non?

_Non, regarde-le s'accrocher à sa bouteille. On dirait un petit bébé."

Et merde; je leur ai crié:

"JE VAIS VOUS SUCER JUSQU'A L'OS! JE VAIS VOUS SUCER JUSQU'A L'OS, CONNASSES!

_Ooooooh!

les deux bonne sfemmes ont cavalé à l'intérieur de leur tour de verre (...). Moi je suis resté dehors, pa sfichu d eme relever, témoins de pas garnd chose. J'avais juste à renter chez moi, à trente mètres,pas plus de trois millions d'anées lumière. (...).

Une minute, encore une minute. j'y serais certainement arrivé.

 

p157:

Citation :

il m'a indiqué le chemin jusque chez Vera. On est sortis, la bouteille, moi, Dan.

 

p159:

Citation :

_le travail, beurk.

_Charles, soyez gentil.

_ne t'en fais pas. je vais te baiser! je veux juste un autre verre. Je suis un homme qui aime boire.

je l'ai vue se lever, elle est sortie de ma tête et je me suis servi un verre. J'ai relevé le nez et j'ai vu Vera avec une autre fille. l'autre fille n'était pas mal non plus.

"je suis une amie de Vera. Vous lui avez fait peur, et elle doit se lever demain matin. veuillez la laisser!

_ÇA VA, PAUVRES SALOPES, JE VAIS VOUS BAISER TOUTES LES DEUX, PROMIS! JE VEUX JUSTE BOIRE UN MOMENT, C'EST TOUT CE QUE JE DEMANDE! ET J'AI 25 CENTIMETRES EN RESERVE POUR TOUTES LES DEUX!"

J'avais presque fini la bouteille quand les flics sont arrivés. J'étais assis en caleçon sur le canapé et sans chaussettes. J'aimais bien cet endroit, c'était un chouette appartement.

"messieurs? c'est pour le Nobel ou le Pulitzer?

_remets tes chaussures et ton pantalon. TOUT DE SUITE!

_Messieurs, savez vous que vous parlez à Charles Bukowski?

_On verra au poste. rhabille-toi!"

 

p163:

Citation :

"Pourtant Bukowski vomit très proprement, et on l'a jamais vu pisser sur le plancher."

 

p165:

Citation :

Bukowski trouve Mickey Mouse plutôt nazi.

 

p177:

Citation :

Je sortais d'une période de biture qui m'avait coûté mon boulot, ma piaule, et (peut-être) ma tête. cette nuit là, je l'avais passé à la belle étoile et j'ai vomi au soleil levant. J'ai laissé filer cinq minutes puis j'ai fini la bouteille de vin qui traînait dans la poche de mon manteau.

je me suis mis à marcher dans les rues, sans but. Tout en marchant, j'ai eu l'impression d'en savoir long sur la vie et la mort. je ne savais rien, bien sûr. il faut dire que ma nuit ne m'avait pas éclairci les idées.

Je me suis trainé un moment, à moitié sonné. Je me perdais en considérations vagues, mais fascinantes, sur la perspective de crever de faim. J'avais juste envie d'un endroit pour m'allonger et attendre. Je n'éprouvais aucune haine pour la société, je n'en faisais plus partie. depuis longtemps je m'étais adapté à la situation.

 

 

Bukowski+3.jpg

Modifié par drannoc

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Je viens de lire une bouse interplanétaire que je ne conseille pas: Les Eaux Mortes du Mekong, de Kim Lefebvre.

 

En gros, c'est une vieille transposition du Silence de la Mer pendant la guerre d'Indochine: un lieutenant français hebergé chez des Vietnamiens lettrés qui parlent français (un père veuf et sa fille)et qui ne lui adressent pas un mot pendant des mois, la fille tombe amoureuse du lieutenant, et là, c'est le drame, le déchirement, blablabla.

 

Le Silence de la Mer a le mérite d'être empli d'une subtilité, d'une poésie lourde et légère, le mérite de planter l'atmosphère et le tiraillement de la conscience. Les Eaux Mortes, écrites dans un français correct, mais sans beauté dans la tournure des phrases, ressemblent à du Barbara Cartland en mieux (pas difficile) à l'aide de "c'était la première fois qu'elle regardait un homme dans les yeux" et autres "était-il prêt à corrompre son ascension militaire par une relation avec une indigène?".

 

Ou comment regretter d'avoir acheté le livre.

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J'ai lu :

 

Grammaire des Civilisations, de Fernand Braudel. Où comment en apprendre sur l'histoire du monde en sortant un peu de l'ethnocentrisme européen. Un puits de science épais comme un dico et digeste comme une nouvelle de Maupassant - j'exagère à peine.

 

L'Oranger, de Carlos Fuentes. Un recueil de 5 nouvelles ayant pour dénominateur commun la présence d'un oranger. Cela va de la conquête du Mexique racontée par un compagnon d'Hernan Cortes aux derniers jours d'une vedette du cinéma au large d'Acapulco, en passant par la conquête de Numance par l'armée romaine. Un petit bijou de littérature et mon premier contact avec Fuentes, l'un des écrivains mexicains les plus célèbres.

 

La Montagne magique, de Thomas Mann. Un roman long et très exigeant. Il m'a fallu m'accrocher pour venir à bout des pérégrinations du malade imaginaire Hans Castorp dans son sanatorium suisse. Mais tout est vraiment excellent et la fin tellement "choquante".

 

Le Bateau, de Nam Le. C'est le premier bouquin (recueil de nouvelles) de cet écrivain australien d'origine vietnamienne. L'auteur revient sur l'histoire des boat people, la génération de ses parents, mais chacune de ses nouvelles aborde des thématiques variées et apparemment sans lien si ce n'est le talent de leur auteur et sa capacité à toucher le lecteur en toute circonstance.

 

Le Masseur mystique, de VS Naipaul. Prix Nobel de littérature 2001, Naipaul est originaire de Trinité et Tobago, où se déroule l'histoire de ce masseur un peu fou - mystique donc - qui par ses petites combines va peu à peu gravir les échelons de la société trinidadienne. Il est incompétent, il est ailleurs, et tout lui réussit. Très beau roman, je crois le tout premier de Naipaul d'ailleurs.

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Dévoreur de livres en vacances mais faible lecteur à Paris, je n'arrive pas à prendre le temps de lire tant les tentations autres sont grandes (Cinéma, assas.net, soirée nanard, vélib, Bar ... etc).

 

Je crois que je viens de trouver une solution, ne pas lire mais me faire lire.

 

Pour ça j'ai découvert un site assez prodigieux : www.litteratureaudio.com

 

Conçu à la base pour les aveugles, les mal voyants et les personnes agées avec les yeux en biais, le site offre un vaste de choix de romans, de nouvelles et d'autobiographies lus par des bénévoles.

 

C'est facile, un simple clic droit pour télécharger en MP3 le fichier.

C'est clair, pour chaque oeuvre s'affiche la durée totale de la lecture.

C'est gratuit, le site fonctionnant sur la solidarité.

C'est riche en termes d'offre.

 

Je commence seulement à piocher dans cette mine mais la qualité des lecteurs interprètes et des enregistrements est plutôt correcte même si elle est inégale.

 

Nous avons écouté hier avec Okaya "le Signe"de Maupassant... on a passé un super moment !

 

Enfin un site qui vous permet de lire même quand vos mains sont pleines !

(Métro, vélo, voiture, balade, allongé dans un parc, devant l'ordi... etc.)

Modifié par legion

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Thanks pour le lien Legion!

 

Bon, immobilisation oblige, j'ai le plaisir de dévorer des livres. En voici quelques uns:

 

La consolante d'Anna Gavalda: J'commence par celui-ci car j'ai détesté mais je l'ai lu en entier. Je n'avais jamais lu du Gavalda et à force de voir du Gavalda partout, j'ai franchi le pas et je n'aurais pas du. Le style est déplorable. L'histoire est aussi chiante que du Levy, Musso et consorts. Donc autant dire que je le ne conseille pas même à mon pire ennemi :D

 

Boomerang de Tatiana de Rosnay: Premier livre que je lis d'elle et j'ai bien aimé. Livre plutôt pour les nanas qui se lit aisément et qui est rafraichissant. L'histoire débute par un accident de la route qui donne lieu à des retours dans le passé et dans l'enfance du narrateur avec une touche d'amour. C'est léger, estival.

 

Histoire de Lisey de Stephen King: Ah, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un petit King et là, rien à dire. Ce livre est troublant et c'est ça qui est bon! C'est l'histoire de l'épouse d'un écrivain célèbre qui puisait son inspiration dans un lieu bien particulier dont je laisse le soin aux futurs lecteurs de le découvrir pour ne rien gâcher. C'est du bon Stephen King qui vous emporte aux portes de la folie.

 

Et nous nous reverrons de Mary Higgins Clark: Un bon petit policier comme on les aime où l'on en vient à douter de l'innocence de la femme d'un médecin qui est accusée du meurtre de son mari.

 

Le contrat de John Grisham: Une multinationale spécialisée dans les produits chimiques, coupable de pollution délibérée, est reconnue responsable de la mort de deux personnes et condamnée à verser de lourds dommages et intérêts mais son PDG veut faire casser le jugement... pour le reste, je vous laisse le plaisir de le lire. C'est crédible, bien solide et implacable.

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Histoire de Lisey de Stephen King: C'est vraiment bien ?

 

J'ai lu quasiment tout Stephen King mais celui là je l'ai lâché au bout de 50 pages...

Ca se lance après ? La fin n'est-elle pas une nouvelle fois complétement ratée ?

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Je suis entrain de me faire pas mal d'Agatha Christie, que je ne connaissais pas, et je dois dire que j'aime beaucoup.

 

Pour l'instant j'ai lu "l'orient exprès", "dix petit nègres", et là j'entame "cinq petits cochons"

 

J'ai "Dead Zone" de King qui m'attend après. Ça sera mon premier, j'espère ne pas être déçu.

Modifié par Kerjou

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Après une autre bouse (je ne tombe que sur des bouses) dont j'ai oublié le titre (edit à venir quand je retrouve le bouquin), qui aurait pu être intéressante (cela racontait la vie d'un des acteurs de cinéma muet les plus célèbres de l'époque, un japonais aux USA, dont la fin de carrière a été moche), j'ai enfin lu un délice, une merveille, une splendeur, bref, un VRAI livre: La Vie d'Un Homme Inconnu d'Andreï Makine.

 

Makine, c'est décidemment une plume. Un de ces auteurs qui rappellent que finalement, les autres contemporains écrivent nettement moins bien (ô désespoir), mais que certains défient encore feu-ceux-qui-n'ont-rien-à-prouver (là, lueur d'espoir). Ce sont des mots, simples, évidents, mais justement: limpides, lyriques, oniriques parfois, sans projeter dans un affreux climat éthéré pseudo-intellectualo-compliqué.

 

La Vie d'Un Homme Inconnu ramène un Russe qui a quitté le pays depuis les années 80 au Moscou des années 2000. Et si la vie capitaliste était son quotidien à Paris, quitter le monde communiste aussi brutalement, voir cette société un peu perdue s'en échapper avec cette recherche de l'opulence, ce besoin de la richesse, du progrès, du bond, qui, comme tout travail rapide en fait un travail fragile, le déboussole totalement. C'est la perte des repères, l'absence de réconciliation entre ses deux "moi", l'un occidental, l'autre slave, dont chacun des deux idéalise l'autre camp, qui fait toute la force psychologique du roman.

 

Et ce sont les mots, les émotions de Makine qui ouvrent cette brèche sans jamais lancer de grandes questions, sans tomber dans le monologue torturé, sans virer au débat journalistique. Un roman qui suggère, à la manière des romans, et qui reste, avant tout, une histoire, un récit, un écrit: bref, un livre de lecture (et non pas ce que j'appelle un livre de connaissances, ce que je respecte et apprécie du reste également).

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Histoire de Lisey de Stephen King: C'est vraiment bien ?

 

J'ai lu quasiment tout Stephen King mais celui là je l'ai lâché au bout de 50 pages...

Ca se lance après ? La fin n'est-elle pas une nouvelle fois complétement ratée ?

 

Le début est chiant mais après, c'est mieux! Cependant, c'est un Stephen King un peu bisounours avec de l'amour dedans (même s'il y a beaucoup de sang qui coule aussi) donc j'peux pas te certifier que tu vas apprécier mais l'histoire est bien avec de l'amour, de la folie, de l'étrange (pour ne pas spolier) où l'on se demande parfois si l'on n'est pas fou nous-même à force de se prendre au jeu :D

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Invité Nis

Oh le joli topic :youpi:

 

Depuis une semaine, j'écluse tous les bouquins que l'on m'a offert (afin d'être chaude comme la braise à Noël, que quand on me dira "alors, ça t'a plu, cette autobiographie en octosyllabe de la prostituée préférée de Mao ?", je puisse répondre autre chose que "Pourquoi tu me parles de poulpe, déjà ?"), ce qui explique l'hétérogénéité de la sélection.

Trois femmes puissantes, le Goncourt de cette année, ou l'année dernière, je ne sais plus.

Je suis dubitative à son sujet. Je vous ressers la critique du Monde, qui résume à peu près tout ce en quoi je ne suis pas d'accord :

"Déchirements intimes, identitaires, interrogations sur l'appartenance et la condition humaine sont autant au cœur de ce triptyque troublant, vertigineux, composé dans un style éminemment élégant et épuré, qui en fait toute sa force, sa puissance."

 

Si tu veux frimer en soirée, c'est un bon deal : c'est court, ça se lit honnêtement, même en plusieurs fois puisque ce sont trois "nouvelles", chacune centrée autour d'une femme.

Mais pour le style épuré et élégant, tu repasseras. Sans vous spoiler de façon déterminante, tout ce que j'ai retenu dans l'ordre, c'est Norah --> pipi dans la culotte, Fanta ---> Hémorroïdes, Khady ---> infection vaginale.

 

L'appartenance à la condition humaine jusque dans ces plus basses scories, effectivement. Ajoutez un faux style étonnant avec des expressions récurrentes comme "un démon s'est assis sur son ventre" qui viennent de nulle part, ça ne colle pas du tout au mental du personnage que l'on suit. Ce bouquin m'a laissé un sentiment d'arnaque littéraire comme rarement sur le plan narratif. En revanche, l'ambiance est très bien décrite, on nage dans une sorte de marasme glauque écrasé de soleil, voulu par l'auteur, et qui passe très bien. De là à parler de vertige, pour ma part, non.

La cité des livres qui rêvent : Un bouquin qui n'existe plus : l'éditeur a interrompu son édition et a rapatrié les livres parce qu'ils ne marchaient pas, et c'est franchement dommage. Le problème vient du fait qu'il était servi comme livre pour enfant, alors que c'est assez sombre, complexe, et parfois un peu long. Mais c'est génial dans son genre. Je ne peux pas en dire grand chose sans gâcher la surprise, mais si vous le croisez à la bibli et que vous n'avez plus rien à lire, il y a de quoi passer un bon moment, pas prise de tête. Au moins feuilletez le, pour voir les dessins, parce qu'il fait gentiment 700 grammes quand même :D

 

Le journal d'un cobaye : de Jacobs, le journaliste qui a écrit "un an selon la bible"(qui vaut son pesant de cacahuètes aussi, soit dit en passant). On est dans un recueil d'articles qui reprennent sa technique du "je prends une idée stupide et je la pousse à fond".

Le premier c'est "ma vie dans la peau d'une jolie fille", il prend l'identité de la baby sitter super canon de sa progéniture, lui crée des profils sociaux et drague sur le net

Second : Ma vie délocalisée. Il engage des assistantes dans un pays où les entreprises délocalisent habituellement leur production pour gérer sa vie. Ca va de la commande de sushi qui passe par un standard en Inde aux mots d'excuse post-dispute avec sa dulcinée.

Troisième : Ma vie en toute franchise, il teste l'honnêteté radicale (vous voyez le perso de Lie to me qui ne ment jamais…Et ben c'est ça). De mémoire, c'est la seule expérience qui n'arrivera pas au bout, menace de divorce, de cassage de figure…

Et ça continue avec le jour où il se présente à la place d'une star aux oscars, l'expérience de rationalité parfaite y compris dans le choix de son tube de dentifrice, l'expérience dite du monotâche, où il ne doit plus faire qu'une chose à la fois, l'expérience de l'esclavagisme, ou pendant un mois il fait tout ce que veut sa femme.

 

Bref, ça a l'air d'être un peu du gros délire, et c'est le cas, mais pas que. On se rend vite compte que des défis qui ont l'air stupides, comme celui de l'honnêteté ou des biais sont révélateurs de chemins de pensée / d'expérience de "diplomatie sociale" qui sont finalement indispensables. Et ça permet d'enfoncer le prochain *** qui vous dira "moi j'aime pas les hypocrites". Je trouve un peu dommage qu'il n'ait justement pas davantage poussé la critique post expérience, mais du coup, ça en fait un bouquin assez drôle et pas prise de tête.

 

Les caractères ou les Moeurs de ce Siècle (la Bruyère) (ah, tout de suite, on rigole moins, hein.). Que dire, à part que ça se lit bien, mais par petits bouts, c'est vite lassant. Vous connaissez le concept (on l'a tous étudié au bac, je pense), un personnage archétypal qui va présenter un trait de caractère poussé à son paroxysme, d'où la polysémie du titre. On est clairement dans le concept du castigat ridendo mores comme on peut le trouver chez Molière, qui lui tissait une histoire autour, ce qui n'est pas le cas ici.

Il y a des caractères qui sont hors d'âge, mais d'autres qui m'ont fait franchement sourire tant ils sont d'actualité. En fait, c'est un petit topic vénère à lui tout seul, cet ouvrage.

 

Quelques citations :

Ne pourrait-on point découvrir l'art de se faire aimer de sa femme ?

 

On ne doit pas juger du mérite d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en sait faire.

 

Le contraire des bruits qui courent des affaires ou des personnes est souvent la vérité.

 

Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls.

De la bonne morale :violon:

Yen a d'autres, mais il est déjà bien long, ce post, alors tant pis : La science du disque monde tome 1, Nation, A year in the Merde, et la trilogie de l'histoire de Merle de Kai Meyer.

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Si je traite de mes deux derniers livres, je vais de nouveau acclamer Charles Bukowski.

 

Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau: livre de Buk écrit en fin de vie. Il s'est assagi, son style arrive à mâturité, magnifique conteur et toujours cette petite flamme non conventionnelle qui brûle en lui.

Le postier: son premier livre à succès qui lancera sa carrière. Il raconte son entrée aux services postaux fédéraux à Los Angeles. Livre très drôle. 50 premières pages truculentes. Comme tout lecteur, je suis confiné dans mon esprit quand je lis. C'est un exercice ou les émotions sont intériorisées voire enfouies. Mais là je n'ai pu réprimer mes rires.

Jouissif.

 

 

J'ai décidé de retrouver mes notes pour vous encourager à lire un livre que j'ai aimé ces derniers temps et qui semble parfait pour la plage ou pour les vacances.

 

Quatre nouvelles d'Oscar Wilde.

 

Oscar, dandy par excellence, a été en zonzon parce qu'à la fin du XIXè il ne cachait pas sa relation homosexuelle avec le Lord Alfred Douglas de Queensberry. Il vécut en France et est enterré au père Lachaise.

 

Je n'avais pas lu Wilde depuis Le portrait de Dorian Gray. Quel plaisir de le redécouvrir. Cet écrivain appartient à la race qui marque une époque, son homosexualité lui fait prendre un temps d'avance sur la société comme Andy Warhol.

 

Style très beau car c'est un esthète. Surtout sa décadance et son côté subversif décapent les codes de son époque.

C'est un irlandais, son aïeul est un pasteur, grand écrivain sur le conte fantastique même s'il y a plus de fantômes en Ecosse. Il parle aussi de la chiromancie (lecture des lignes de la main). C'est déjà un livre qui fait comprendre la littérature anglaise et plus particulièrement J.K Rowling et son Harry Potter.

 

1ère nouvelle: Le fantôme de Canterville

Des ricains nouveaux riches achètent un château. Il est supposé hanté , les ricains sont avertis et achètent quand même le domaine.

Il y a un fantôme qui n'existe que parce qu'il est fantôme. Il doit hanter et faire peur aux habitants du château.

Va s'ensuivre un long cassage des codes du genre. Très drôle, vraiment, mais aussi tendre à la fin parce que Wilde excelle quand il parle d'amour.

Pour lui la vie c'est le beau, on doit même la sacrifier pour l'esthétisme.

 

2è nouvelle: Le crime de Lord Arthur Savile

Soirée mondaine que Wilde s'amuse à pasticher, Lord Savile apprend d'un chiromancier/n, un mec qui lit les lignes de la main, qu'un meurtre l'entoure. Le Lord décide alors de retarder son mariage tant que le meurtre ne sera pas exécuté. C'est le même concept que Columbo. On connaît dès le début le meurtrier, la question réside dans le procédé. La chute est bonne.

 

3è nouvelle: Le millionnaire modèle

Très courte histoire. Je vous la laisse découvrir. En parler ce serait déjà la résumer.

 

4è nouvelle: Le sphinx sans secret

Histoire courte aussi. Un jeune homme rencontre un ancien camarade de collège au Palais royal à Paris et lui raconte sa dernière peine de cœur.

 

Petit livre, quatre histoires pour 160 pages (60-70 pages pour les deux premières, plus le reliquat pour les deux dernières).

Un petit livre sympa écrit par un grand écrivain.

Modifié par drannoc

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Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau: livre de Buk écrit en fin de vie. Il s'est assagi, son style arrive à mâturité, magnifique conteur et toujours cette petite flamme non conventionnelle qui brûle en lui.

 

Le postier: son premier livre à succès qui lancera sa carrière. Il raconte son entrée aux services postaux fédéraux à Los Angeles. Livre très drôle. 50 premières pages truculentes. Comme tout lecteur, je suis confiné dans mon esprit quand je lis. C'est un exercice ou les émotions sont intériorisées voire enfouies. Mais là je n'ai pu réprimer mes rires.

Jouissif.

 

Je ne peux que les conseiller aussi, avec ces deux oeuvres on constate toute l'étendue du talent de Bukowski.

 

En ce qui me concerne, deux livres m'ont marqué récemment :

 

-Pleins de vie de John Fante : un roman bouleversant, court et en partie autobiographique. L'histoire, très simple, traite d'une femme enceinte et de son mari, auteur, avec toutes les péripéties que cela entraîne. Toute la saveur du livre réside donc dans la plume de Fante et dans son talent pour tenir son lecteur en haleine. C'est une des rares fois où il choisit une écriture à la fois désespérée et rafraîchissante. Tout fait sourire, mais rien ne fait vraiment rire. Un véritable chef-d'oeuvre en clair-obscur dont on ressort plein de vie !

 

-Les nouvelles de Salinger : une succession de nouvelles assez brèves et percutantes. Je conseille surtout "Un jour rêvé pour le poisson-banane", récit extrêmement court qui balaye littéralement le lecteur et le fait tomber à la renverse. De l'excellent Salinger en somme, d'une qualité proche de l'Attrape-coeurs.

Modifié par ArturoBandini

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Je rebondis aux fantasmes humains dans ce topic.

 

Chien blanc de Romain Gary.

 

Romain Gary, pseudonyme de Romain Kacew, né à Moscou en 1914, est élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, comme il le racontera dans La promesse de l'aube. Pauvre, "cosaque un peu tartare mâtiné de juif", il arrive en France à l'âge de 14 ans et s'installe avec sa mère à Nice. Après des études de droit, il s'engage dans l'aviation et rejoint le général de Gaulle en 1940. Son premier roman, Education européenne, paraît avec succès en 1945 et révèle un grand conteur au style rude et poétique. La même année, il entre au quai d'Orsay. Grâce à son métier de diplomate, il séjourne à Sofia, La Paz, New York, Los Angeles. En 1948 il publie Le grand vestiaire et reçoit le prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. consul à Los Angeles, il épouse l'actrice Jean Seberg, écrit des scénarios et réalise deux films. Il quitte la diplomatie en 1961 et écrit Les oiseaux vont mourir au Pérou (Gloire à d'illustres pionniers) et un roman humoristique, Lady L., avant de se lancer dans de vastes sagas: La comédie américaine et Frère Océan. L'angoisse du déclin et de la vieillesse est alors perceptible à travers ses romans: Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Clair de femme, Les cerfs-volants. Jean Seberg se donne la mort en 1979 et Romain Gary se suicide à Paris en 1980. Il laisse un document posthume ou il révèle qu'il se dissimulait sous le nom d'Emile Ajar, auteur de romans à succès tels que Gros-Câlin, L'angoisse du roi Salomon et La vie devant soi qui a reçu le prix Goncourt en 1975.

 

J'ai recopié sa bio parce que c'est utile de comprendre l'écrivain et son œuvre.

Diplomate de de Gaulle, mongol métissé avec du sang russe juif de par sa mère, son pays est la France mais il a la bougeotte.

 

Il s'est marié en secondes noces à l'actrice Jean Seberg (elle a tourné sous la direction de Jean Godard, A bout de souffle avec J-P Belmondo). Cette nana est suédoise et est une militante de Los Angeles surtout pour défendre la cause noire. J'ai voulu voir à quoi elle ressemble et j'étais surpris. Je me suis dit, ils se sont gouré sur google, sur cette photo c'est Scarlett Johansson:

francoise-sagan-jean-seberg-sous-lobjectif-ge-L-4.jpeg

Son suicide en 1979 suivi de celui de Romain Gary en 1980 m'a fit penser au couple Zweig.

Mais rien à voir Romain Gary était divorcé depuis belle lurette avec Jean Seberg et dans son mot d'adieu il a précisé que son suicide n'y avait aucun lien avec Jean Seberg.

 

Je pense qu'avec cette bio, il est préférable de lire ce livre avant L'homme à la colombe. Ça permet de mieux comprendre l'homme, sa vie et de mieux apprécier son roman qui se passe dans les locaux du siège de l'ONU.

 

Chien blanc:

Romain Gary raconte un passage de sa vie. Il est établi à Los Angeles avec Jean Seberg en 1968. Les Etats Unis sont confrontés aux émeutes noires. Martin Luther King est assassiné. Romain Gary recueille un berger allemand. Ce chien a la particularité d'avoir été dressé pour attaquer les noirs. C'est un "chien flic".

Pendant ce temps, sa femme organise des soirées militantes pour reconnaître les mêmes droits civiques aux 17 millions d'afro-américains dont une partie défend la bannière étoilée au Viet-nam.

 

Pendant ce temps, les salariés Renault font grève, les étudiants de Nanterre ont entraîné les étudiants de Paris et de Navarre à dépaver les rues. C'est mai 68.

 

Gary va retourner dans son appart parisien rue du Bac pour assister à ces évènements.

 

Dans ce livre qui n'est pas tout à fait un roman, et encore moins un essai, Romain Gary raconte ses états d'âmes de cette conjoncture politique et géopolitique, pose des questions et exprime son opinion sans pour autant avoir la prétention d'y répondre entièrement et d'épuiser le sujet (le propre de l'essai).

 

Je ne m'attendais pas à ça. C'est un livre qui fait cogiter. Ça m'a plu, d'autant plus que j'apprécie le style de Roman Gary. C'est un style assez nerveux, sec, très franc du collier. Surtout c'est quelqu'un de libre. Jamais il ne s'autoproclame libre mais quand on sait sa vie et la façon de manifester ses points de vue, ses livres soufflent un vent de liberté. Pas besoin de l'écrire formellement, le lecteur le devine aisément.

 

 

Pour finir, un extrait du livre. Romain Gary est au cœur des évènements de mai 1968 dans le quartier latin. Profitez, c'est cadeau:

 

Tiré à quatre épingles, je descends donc dans la rue de Sèvres, où il y a une jolie confrontation devant le Lutétia. A trois reprises, les C.R.S. m'arrêtent poliment.

_ Attention, monsieur, vous risquez de prendre un pavé.

_ laissez-moi tranquille. J'ai fait Koufra et la Normandie.

J'exhibe mon laissez-passer ministériel.

Il y a un salopard qui s'avance, une barre de fer à la main. Une vraie tête de français, noiraud, tout en muscles, un mégot aux lèvres:

_ Banane qu'il me lance.

_ Bande-mou, que je lui réponds.

_ Fasciste, il braille.

_ Sale juif, je renvoie.

Cette fois, j'ai visé juste. Il n'y a rien qui mette plus en rogne les travailleurs que de s'entendre traiter de "sales juifs". Je sais exactement ce qu'ils ressentent: c'est comme lorsque je me fais traiter de "sale français" en Amérique. Toute ma peau devient alors un drapeau tricolore. Il y a une sorte de vague humaine qui roule vers moi, j'effectue un repli stratégique vers les C.R.S., tout en gueulant:

_ Tous des youpins!

Je suis assez content: je sens que j'ai ranimé la flamme sacrée. Il y a sûrement parmi eux de bons petits gars biens de chez nous, alors, vous imaginez... Quand je pense que j'ai perdu ma sainte Russie natale à cause des Juifs et que les Juifs sont allés si loin dans la traîtrise que même ma mère était juive et qu'ils m'ont ainsi rendus juif moi-même, je ne me retiens plus:

_ La France aux français, je gueule.

Les C.R.S foncent en avant, matraque au poing.

Modifié par drannoc

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Entre amoureux de Romain Gary (moi il me contente toujours!). Je peinais sur les Mémoires de De Gaulle sans vraiment comprendre pourquoi: le fond m'intéressait hautement (à chaque page du début - surtout du début - je découvrais quelque chose que j'ignorais, à la lumière de laquelle tout prenait soudainement un sens plus logique, plus articulé), mais les pages ne se tournaient guère, je ne ressentais pas cette douce satisfaction de l'histoire qui pénètre mes pores (bien qu'un peu de l'Histoire) et commençais à constater qu'internet avait définitivement tué tous mes élans littéraires (avec, en partie, la dette que j'ai à la bibliothèque et que je rechigne à payer, et le prix des livres neufs).

 

Puis, j'ai trouvé Au-Delà de cette limite votre ticket n'est plus valable que j'avais acheté un jour et que j'avais oublié au milieu de cette pile que je ne regarde plus, puisque je l'ai lue.

 

Et là, en quelques pages, j'étais emportée, sans même m'en rendre compte, dans le tourbillon de ma lecture. Trois petits coups, et les 400 pages furent avalées, englouties et même digérées.

 

Toujours cette même limpidité et cette même façon de penser la vie, de disserter avec lui-même. De Gaulle disserte pas mal avec lui-même, mais il aligne des mots corrects, beaux, mais sans toute la musicalité, la passion, l'image et l'éloquence que Gary met dans sa réflexion. L'écriture au service de la pensée chez de Gaulle, la pensée habitant l'écriture chez Gary. C'est ce qui différencie l'écrivain des autres.

 

Au delà de cette limite votre ticket n'est plus valable est un livre plein de gravité. C'est l'histoire de la fin. Trois thèmes se mélangent: la peur de vieillir, l'amour et les problèmes d'érection. Il ne me semblait pas que cela pouvait autant préoccuper quelqu'un: c'est visiblement pour un homme non pas le (simple) symbole d'un échec, d'un manque de virilité, ou que sais-je, mais le bang de départ de la (trop) rapide course vers sa mort.

 

Le début présente tout ça. Mais c'est l'amour qui l'occupe. Celui du héros, Jacques, pour Laura, de trente ans sa cadette. Quelques pages sobres, sans fioritures, honnêtes, et pures. Quelques pages d'amour comme j'en ai rarement lues: avec la beauté de la sagesse.

 

Puis, la fin du monde. La débandaison. Ou la découverte du psychisme (et de la réalité médicale) d'un homme. Fort instructif pour une toute jeune femme loin de ces problèmes.

 

Enfin, la course effrénée contre la mort: coup classique du déni, de la colère, puis de l'acceptation. Vient donc l'heure du deuil de cette jeunesse qui s'envole. C'est évidemment la phase entre le déni et la colère qui est la plus violente, la plus intéressante. Cette avidité de se débattre contre ce qui est, et surtout contre soi-même comme si la mort pouvait faire des exceptions.

 

Au delà de cette limite votre ticket n'est plus valable est un chouette roman. Un roman de la sagesse. Un peu le pendant de La Naissance du Jour de Colette, dans ce qu'il a de mature, avec, en même temps, ce refus de le devenir. L'une revient sur son passé et reconsidère l'avenir et le présent d'un nouvel oeil, l'autre réfléchit au présent avec sagesse, et projette sans. Surtout, cela explique - un peu - la fin de Gary.

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J'ai une amie pour qui Romain Gary est le plus grand écrivain et elle m'a invité à lire ce livre coûte que coûte, vaille qui vaille parce que ce rapport à la vieillesse et à la mort transporte le lecteur.

 

Pour cet auteur, c'est son livre préféré, peut-être donc son livre préféré tout court.

 

Romain Gary est un formidable auteur. Il est loin le temps ou le Goncourt avait bon goût.

 

En Septembre, j'ai lu Gros-Câlin de Romain Gary. ce n'est pas un livre que je mettrai entre toutes les mains. C'est un livre barré. Il faut déjà avoir rencontré l'auteur dans d'autres ouvrages et s'être familiarisé avec pour apprécier à sa juste valeur ce petit roman.

 

Je vous parlais de la liberté de cet auteur dans Chien blanc. Ici il récidive avec toute sa folie douce qu'il parvient à maîtriser.

Faut s'accrocher au début parce que c'est ubuesque ça part un peu dans tous les sens. Ça devient absurde mais au sens de Ionesco et de Beckett.

 

Au début je n'accrochais pas. Au final j'ai beaucoup aimé.

Ça me fait penser à Bernie et enfermés dehors de Dupontel. Une personne paumée dans l'un des trous du cul du monde: la ville et ici c'est Paris. cette plongée dans l'anonymat, l'indifférence et la non existence aux yeux des autres sont bien montrées.

 

Un employé sans aucune histoire a une vie insipide. Il a pour compagnon un python de 2m20 par ce qu'il a du mal à créer des liens sociaux avec ses semblables.

 

Il est convaincu que Mle Dreyfus est amoureuse de lui et qu'ils vont se marier.

Mle Dreyfus est une collègue originaire de Guyane. C'est une femme noire qui porte le nom du Capitaine par qu'en exil le Capitaine a connu un succès retentissant dans cette région victime du racisme et de la colonisation.

 

Ça c'est pour l'histoire et ce n'est qu'un prétexte. R. Gary écrit tout ce qui lui passe par la tête, avec intelligence, avec à propos et beaucoup d'humour.

Il multiplie les quiproquos, les équivoques, les traits d'esprit.

 

J'ai bien rigolé à le lire. Ce fut un moment plaisant.

 

Extraits:

 

Lettre au professeur de médecine Lortat-Jacob sur les avoirtoirs (on est avant 1975)

 

Citation :

Monsieur,

Dans un communiqué de l'Ordre des médecins de France, signé de votre nom, vous avez parlé avec une juste sévérité de l'avortement et qualifié "d'avortoirs" les lieux où ces interruptions de naissance seraient pratiquées. Je me permets de vous informer, à titre personnel et confidentiel, que le caractère sacré à la vie dont vous vous réclamez, ainsi que le Cardinal Marty, exige une possibilité d'accès à la naissance et à la vie, une impossibilité évidente que vous paraissez ignorer, dont vous ne faites aucune mention, et je me permets à ce titre de vous signaler l'histoire bien connue, survenue en 1931, et que l'on cache aujourd'hui à l'opinion publique. Je l'ai trouvée sur les quais dans une collection d'histoires dont l'auteur m'échappe. C'est en effet en 1931, ainsi que vous ne l'êtes pas sans ignorer, qu'eut lieu la première révolte des spermatozoïdes à Paris. Ils se réclamaient du droit sacré à la vie et en avaient assez d'être frustrés de leurs aspirations légitimes et de mourir étouffés à l'intérieur des capotes. Sous les ordres d'un guérillero spermatozoïde, ils se sont donc tous armés d'une hachette, afin de percer au bon moment les parois de caoutchouc et accéder à la naissance. le moment venu, lorsque commença la grande ruée en avant, les spermatozoïdes levèrent tous leur hachette et leur chef fut le premier à abattre la sienne et à percer le caoutchouc pour accéder au monde et au caractère sacré de la vie qui les attendait dehors. Il y eut un moment de silence. Et alors, la grande masse de spermatozoïdes entendit son cri affolé: "Arrière! C'est de la merde!"

Veuillez agréer.

 

Citation :

_ Personne ne comprend mieux que moi, lui dis-je, j'ai passé toute ma vie chez les putes, alors, vous pensez

 

Citation :

 

En général les aveugles sont très gentils et aimables, à cause de tout ce qu'ils n'ont pas vu dans la vie

 

Citation :

Je me permettrai également de faire remarquer à mes élèves, au cas où la publication du présent traité me vaudrait une chaise au Museum, que l afin de l'impossible peut s'observer à son état printanier et prémonitoire sous les marronniers, sur les bancs du Luxembourg et dans les portes cochères, c'est ce qu'on appelle justement des prologomènes, de l'anglais, prologue aux mens, hommes au sens de pressentiment

(comprendre prolégomènes)

 

Citation :

Il y eut ce jour là, selon les informations parvenues par télex à la STAT, qui est spécialisée dans les calculs de rendement , une nouvelle arrivée de bras - dans le sens bien connu de "l'agriculture manque de bras" - dont le chiffre pour la France, la France seule! se montait au captal de trois cent mille, immédiatement vocabularisés sous forme de nouveaux-nés, avec des mères de famille heureuse parce que cela arrivait enfin à quelqu'un d'autre. Je pus tout de suite voir que mon IBM était contente, il y eut même sur le clavier une espèce de sourire: on n'allait pas manquer, et c'est toujours très important pour la machine. trois cent mille de nouvelles arrivées par voie urinaire, c'est ce qu'on appelle le revenu national brut. Je me bornais à aller boire un café, car je ne me prends pas pour Jésus-Christ et après tout, le plein emploi du foutre , les besoins de l'expansion, l'agriculture qui manque de bras, les nouveau-nés pseudo-pseudo et l'encouragement de la vache française et la compétition de nos banques de sperme avec la Chine, ce ne sont pas là pour moi, ni d'ailleurs pour Jésus-Christ, des problèmes de naissance.

Modifié par drannoc

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Qui a tué Arlozoroff?

 

Je ne me suis pas trop intéressé à la rentrée littéraire mais là bonne pioche.

 

C'est un juif assassiné en Palestine en 1933.

C'est un sioniste qui organise l'exode humain et et patrimonial des juifs allemands parce que les nazis sont en place et montent en puissance à la fin des années 1920 en Allemagne.

 

Victor ou Haim Arlozoroff est un juif russe mais il a vécu depuis petit à Berlin. Il est brillant. Communiste il deviendra socialiste, lettré et sioniste, il milite avec ferveur pour la constitution d'un état juif en terres saintes. Il est introduit dans les hautes sphères des différents continents. Malgré son statut de juif il arrive tout de même à être reçu et à dialoguer avec des nazis dans leurs bureaux.

 

Mais en juin 1933 il est abattu.

 

Par qui? Le livre donne sa version.

 

 

L'intérêt de ce livre, son style?

Non, ce n'est ni mal écrit, ni bien écrit, c'est écrit.

 

L'assassinat?

Non

 

La force de ce livre réside en ce qu'Arlorozoff est un homme à femmes, parmi lesquelles une femme.

 

Cette femme s'est forgée un destin historique extraordinaire au sens premier du terme et un tempérament d'acier tout droit sorti des forges de la Ruhr.

 

Cette femme ce n'est pas n'importe quoi, c'est le symbole féminin du nazisme tel que se le représentait Hitler lui même.

 

Cette femme, ce n'est pas n'importe qui. Elle accompagne Hitler durant cette période. C'est la seule femme avec laquelle Hitler s'entretenait de sa vision du monde. Mais c'est aussi une femme qui a vécu une relation avec Arlorozoff ou seule une femme peut créer autant d'intensité malgré toute la complexité du personnage. Il appartient à chaque lecteur de se faire sa propre opinion sur cette femme parce que le jugement que chaque personne a de cette femme ne sera jamais exactement le même que celui d'un autre.

Vous aurez compris que ces deux personnes physiques vont être rattraper par l'Histoire de l'Humanité et de la "déshumanité".

 

Cette femme, c'est... je vous le laisse découvrir son identité en lisant ce livre parce qu'elle est juste incroyable. Sa vie,son destin dépasse le poids des mots.

 

(La 4è de couverture est à éviter, elle gâche l'intérêt du livre)

Modifié par drannoc

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Je confirme, ce livre m'a énormément plus.

 

J'ai lu un livre de Pierre Assouline cette année.

Lutetia

 

Roman documentaire.

Le héros du livre, c'est l'Hôtel Lutetia de son ouverture à septembre 1945. C'est le détective privé de l'hôtel qui raconte la vie au sein du palace et les particularités de ses clients.

 

Le Lutetia est le seul palace de Paris rive gauche.

 

Les patrons du magasin au "bon marché" (ça n'a jamais été bon marché, encore aujourd'hui) ont eu l'idée d'accueillir leurs clients qui venaient de province dans un hôtel juste en face de l'enseigne. L'hôtel Lutetia est alors sorti de terre.

L'art déco domine dans cet hôtel sg3agbjg3ag.gif (j'avais vu un reportage de "Des racines et des ailes", y'a une chaise en forme de violon magnifique)

 

On est à l'entre deux guerres. On peut y croiser Picasso, James Joyce (le plus grand écrivain irlandais auteur d'Ulysse, Matisse qui a reçu la commande d'un tableau pour le haut de cheminée de Nelson Rockfeller à New York, un prix Nobel de littérature, la femme Guggenheim, Coqueteau et Gabin je crois aussi.

 

En 1939, un colonel y prendra ses quartiers avant d'aller à la guerre. Ce colonel y est descendu parce que sa femme, une provinciale s'y rendait quand elle faisait des achats au Bon marché.

Ce colonel deviendra général, lancera un appel le 16 juin, puis un discours à Bayeux en 1946 qui sera les fondements de la V république, obtiendra la magistrature suprême de notre pays. Des rues sont à son nom, un aéroport et même un porte avions. C'est Charles de Gaulle.

 

En 1939, la Blietzkrieg est à son apogée, les teutons investissent les beaux lieux de Paris. Tous les palaces de Paris sont réquisitionnés. Les renseignements allemands investissent le Lutetia dont l'ancienne chambre du général de Gaulle, chef de la résistance.

Un certain malaise naît, celui du cas de conscience ou la morale est mise à rude épreuve.ce détective privé qui voit son pays, sa nation humiliée doit exécuter les ordres des nouveaux "clients" qui dirigent la France occupée.

 

Cet hôtel vit la guerre et aussi juste l'après guerre. Il est le lieu de réception des déportés des camps depuis la marche de la mort. Ils y retrouvent d'anciens habitués de l'entre deux guerres.

 

C'est un livre très intéressant, sur un quartier de Paris que j'affectionne particulièrement. Cette période suscite toujours en moi un vif intérêt. Les personnages sont riches et pour certains hors du commun. Il y a de l'émotion mais pas de pathos, beaucoup de dignité.

 

C'est un livre qui a la qualité de traverser une époque douloureuse sous un prisme jamais vu jusqu'alors: un hôtel.

Un bon petit bouquin même si le livre a du mal à trouver son rythme de croisière.

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Mon bouquin coup de coeur du moment :love: que j'ai dévoré en un week-end: Chroniques d'une prof qui en saigne de Princesse Soso.

 

Ce livre est drôle mais décrit avec justesse la réalité de l'enseignement (au collège en ce qui la concerne).

 

Quand elle parle, par exemple, des hautes instances qui s'offusquent de l'absence de vidéo projecteurs dans chaque classe alors même que les établissements n'ont pas le budget pour, ça illustre à merveille le fait que les hautes instances n'ont aucune idée du terrain. Ça me fait penser aux ingénieurs qui font un produit en mettant ouverture facile dessus et toi, petit utilisateur lambda, tu galères trois plombes pour réussir à l'ouvrir.

 

Quand elle parle des parents qui soutiennent leurs enfants au détriment du prof qui a pris une sanction suite au comportement de l'élève, ça donne le vertige de voir que c'est le règne du petit empereur qui peut insulter le prof, c'est normal, il a raison.

 

Bref, on passe un bon moment en le lisant car son style est drôle mais le fond n'en est pas moins intéressant.

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Moi je me suis fait avoir par Aragon, qui m'a bien flouée. Aragon, c'est mon petit dieu de la prose mélancolique et colorée de pastels depuis que j'ai lu Aurélien. Une ôde à la couleur, aux impressions... C'était un peu Monet, Ninjinski et Kertész réunis.

 

Donc, quand à la Fnac je vois Djamilia avec écrit en gros sur la couverture "la plus belle amour de tous les temps" Aragon, et que je constate qu'il l'a traduit du kirghiz (alors qu'en plus je m'étais décrétée dans une semaine d'interrogations sur le Kirghizistan dont on ne connaît rien du tout quelques jours avant), je me suis dit que ce serait sûrement un peu trop fleur-bleue, mais joliement écrit, quitte à avoir été infidèle à l'auteur. C'était un tout petit livre et j'étais sûre d'occuper ma soirée toute en nuances et en mélancolie.

 

Que nini! C'est une vaste blague. Une écriture simpliste (mais sans la beauté de la simplicité), une histoire qui aurait pu donner lieu à un film de l'après-midi sur M6 (le mari est à la guerre, Djamilia, magnifique, farouche et fière tombe amoureuse d'un paysan taciturne, qui chante l'amour de la terre et lutte contre les codes ruraux du Kirghizistan de la fin du XIXe siècle, sous le regard du narrateur, son jeune beau frère de quinze ans qui découvre par leur amour l'art et la beauté).

 

Ca n'aura eu le mérite que de m'apprendre que le Kirghizistan, c'est un peu comme la Russie profonde, que les mots se ressemblent, les récits de la vie rurale aussi, et que j'aurais mieux fait de me lire du Dosto.

 

Du coup, je me suis mise au Roman de l'Ame Slave. A venir.

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En ces périodes de fêtes de fin d'année, si vous avez encore un cadeau à vous faire offrir, je me permets de vous recommander très chaudement un livre dont j'ai eu l'occasion de parler quelques fois sur ce forum, "Atlas Shrugged", mais qui n'avait jamais été traduit en langue française. Je viens juste de m'apercevoir que c'est enfin le cas, depuis septembre, sous le titre bien français de "La Grève : Atlas Shrugged".

 

C'est un livre tout bonnement exceptionnel, très long mais que vous n'arriverez pas à poser à compter du moment où vous débuterez votre lecture, et que vous relirez plusieurs fois. Roman philosophique, social, politique, mais roman avant tout, cette dystopie vous passionnera et vous fera réfléchir. N'hésitez donc pas !

Modifié par Roman

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En parcourant les sujets du forum, je n'en ai pas trouvé un qui parlait réellement des livres que nous conseillons et de ceux que nous déconseillons.

 

En suivant le même principe que les topics séries et films, voici celui livres. J'ai beau aimé me faire une série dans mon lit, j'aime aussi lire ... dans mon lit (qui ouvre un sujet sur les meilleurs endroits pour lire, suivre une série, etc ? ^^).

 

Je commence :

 

Mon livre préféré est incontestablement La confusion des sentiments de Stephan Zweig: Certainement un des livres les plus forts, émouvants, marquants, vivants, poignants que je vais pouvoir lire dans ma vie. C'est le premier roman que je lis dans ce style et je me demande quand même si je vais un jour pouvoir en relire un comme ça. C'est une histoire dont on veut connaitre la fin, le secret, qui nous tient jusqu'au bout et qui nous prend aux tripes pendant les vingts dernières pages mais aussi une histoire qui nous donne envie d'apprendre, de lire, et qui parle de sujets actuels dont un très présent en ce moment. ("La confusion des sentiments" que j'ai lu est une traduction d'Olivier Bournac et d'Alzir Hella aux éditions " Le livre de poche".)

 

J'ai aussi beaucoup aimé Bel Ami de Maupassant (que j'ai lu nettement avant la sortie du film !!). Pendant la lecture, on a envie de frapper Georges Duroy (enfin quand on est une fille. Un mec aura plus tendance à penser que cet homme est génial ;-)) mais quand on a terminé la lecture, bah ce crétin nous manque ou du moins, il m'a manquée. Il était un bon moyen de se défouler ;-).

Sérieusement, c'est l'histoire d'un homme qui gravit les échelons de la société grâce aux femmes, ce qui, quoi qu'on puisse en dire, s'est souvent passé dans l'Histoire. De coup, le livre est déjà intéressant de ce point de vue mais au delà de ça, c'est sympa de voir comment Duroy s'y prend pour "monter" et à quel point il est magouilleur. Bref, du grand Maupassant !!

 

Et un dernier pour la route : Jane Eyre de Charlotte Brontë. Une histoire qui ne paie pas de mine mais que j'adoooore !!! Une jolie petite histoire d'Amour dans le même style que Les 4 filles du Docteur March. On a envie de le lire et le relire.

 

Quant au livre que je déconseille, je n'ai pas réellement le droit de le faire étant donné que la majorité des personnes qui les ont lu, les ont aimé. Toutefois, je peux donner mon avis.

 

Alors il y a Le Rouge et le Noir de Sthendal, je trouve l'histoire terne, sans rien et redondante. J'ai commencé à lire la deuxième partie du livre mais ça n'a pas été possible, si j'avais continué, je me serais tiré une balle dans la tête. Je n'aimais pas le caractère des personnages et l'histoire était plate ...

 

Il y a aussi L'Ecume des Jours de Boris Vian. Je veux bien reconnaitre son génie mais bon voilà. Peut être l'ai je lu en étant trop jeune, peut être que je l'ai lu trop vite (une journée, je n'avais rien à faire et je m’ennuyais ...), tout ça pour dire que je n'ai vraiment pas aimé. C'était long, un peu morbide par moment, sans vraiment d'histoire. Après, le style est inimitable et certains passages sont chouettes mais guère plus.

 

Voilà !

A vous ! :-)

Très bonne initiative je trouve.

Moi perso j'adore les romans policiers aussi je conseillerais la reine incontestée en la matière Agatha Christie aucun de ses livres n'est à jeter il me semble. Après ceux dont je garde le meilleur souvenir c'est Un meurtre sera commis le... et Les indiscrétions d'Hercules Poirot.

il y'a Fred Vargas aussi, alors attention perso certains de ses livres me tombent des mains c'est le cas de son fameux chef d'oeuvre pars vite et reviens tard, alors que son premier roman qui est bizarrement celui dont elle est le moins fière m'a beaucoup plu ça s'appelle les jeux de l'amour et de la mort. Par contre je trouve que le titre ne va pas avec l'histoire en elle-même.

Enfin un livre que j'ai lu il y'a longtemps et qui est l'un des rares que j'ai pris plaisir à relire: Adriana Sposa de Françoise Mallet-Joris

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En ce moment, je relis mes livres favoris. Je les relis chaque année au cours de l'été. C'est une sorte de rituel estival:

 

- Paul et Virginie

- Les liaisons dangereuses

- Manon Lescaut

 

Que du romantisme me direz-vous pour ceux qui connaissent.

Je vous les conseille :)

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En lisant vos posts je me rends compte que je n'ai vraiment lu aucun classique :bou:

 

Les seuls moments où je peux lire (autre chose que des livres de droit ou des fiches de TD j'entends :fufufu:), c'est pendant les vacances, dans le métro ou dans l'avion. Autant vous dire que je ne lis donc pas des livres trop prise de tête :D

 

Pour les filles qui ne l'ont pas encore lu (elles se font rares), je vous conseille Les Yeux Jaunes des Crocodiles, de Katherine Pancol. Très facile à lire, et les personnages sont plutôt attachants. Je lis actuellement le deuxième tome (La Valse lente des tortues), on est content de retrouver les personnages qu'on connaissait mais ça s'essouffle un peu (même si ça reste agréable à lire au bord de la plage) (en gros, si vous ne lisez que le premier tome, vous ne perdez pas grand chose).

 

 

Toujours pour lire à la plage, et cette fois aussi bien pour les filles que pour les garçons, je vous conseille L'homme qui voulait vivre sa vie, de Douglas Kennedy. Bien meilleur que sa récente adaptation cinématographique avec Romain Duris (que j'avais trouvée bien médiocre par rapport au bouquin), avec un peu de suspense et qui fait un peu réfléchir (mais un peu seulement, c'est pas un livre philosophique non plus).

 

 

J'ai également adoré Un Jour, de David Nicholls (livre également adapté au cinéma il y a un an, avec la délicieuse Anne Hathaway et Jim Sturgess :luv:) : c'est une histoire d'amour, donc c'est forcément un peu niais, mais j'avais trouvé ça poignant et assez original !

 

 

Côté policiers, puisque daherose parlait d'Agatha Christie, mon préféré reste le très classique Les Dix Petits Nègres : c'est vraiment un incontournable en matière de suspense, à lire si ce n'est pas déjà fait.

 

 

Enfin, pour ceux qui aiment Frédéric Beigbeder et pour ceux qui ne connaissent pas encore (abstraction faite du personnage, il a un style très particulier qui ne plait pas à tout le monde), je vous conseille Un Roman Français, son meilleur livre selon moi, le plus achevé et le plus mûr.

 

 

Je pars bientôt en vacances, je vais avoir besoin d'un peu de lecture, si vous avez des suggestions, je suis preneuse :hello:

 

 

EDIT : Ah et dans la catégorie "Livres imposés par la prof de français", j'ai aussi lu L’Écume des Jours, j'avais trouvé ça très mignon !

Dans la même catégorie, je vous recommande Les Fleurs Bleues, de Raymond Queneau. Ce livre est une ôde à la langue française (c'est encore mieux expliqué par un prof de français car nous on n'arrive pas forcément à déceler tous les jeux de mots et autres subtilités) et il est très facile à lire !

Modifié par Strawberry Fields

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