Doctorat – Droit

centre Panthéon Assas

Assas.net vous propose de lire le témoignage d’un doctorant, Erwan P. , qui vous livre ses conseils sur le doctorat. N’hésitez pas à poser vos autres questions sur notre forum afin d’obtenir plus de détails.

Bonjour à toutes/tous,
 
Effectuant un doctorat (en droit social), voici ce que je peux dire, conseiller/déconseiller, lorsqu’on l’on entend s’engager dans ce type de cursus. Ces observations relèvent d’un ressenti personnel, je ne prétends pas, évidemment, détenir la vérité, et d’autres doctorants peuvent ne pas les partager.
 
1) La volonté de s’engager dans une thèse : Avant tout, je pense que l’on s’engage dans un tel cursus parce que l’on en a envie. Si tel n’est pas le cas, inutile de s’y engager (cela paraît évident à dire, mais ça va mieux en le disant). La personne peut avoir du mal à identifier très précisément un thème qui lui plairait, mais elle doit dès le début avoir la volonté de rédiger, de construire quelque chose, et donc d’apporter des éléments nouveaux à la réflexion sur une thématique donnée.
 
2) Le délai pour mener à terme une thèse : il dépend des conditions dans lesquelles on y entre (doctorant ATER ou non, bénéficiant d’une bourse ou pas). Lorsqu’un étudiant bénéficie du soutien de l’université, il a en principe 3 ans pour établir sa thèse.
Le Ministère encourage depuis 2006 à la réduction des durées de thèse (qui varient de 3 à 8 ans, la moyenne étant de 5 ans), d’où des exigences accrues en matière de productivité de l’étudiant, et de contrôles des dérogations accordées.
 
Lorsqu’une personne veut, sans soutien spécifique, s’engager dans un tel cursus, et a trouvé un directeur de thèse, elle n’a en principe pas de date butoir légalement fixée, en particulier si elle montre qu’elle avance dans ses travaux.
 
Quoi qu’il en soit, sans confondre vitesse et précipitation, il est préférable de ne pas s’éterniser excessivement dans son doctorat, car cela devient ensuite très compliqué de conserver la même motivation, sachant que pour les étudiants s’engageant sans soutien spécifique dans ce type de cursus, il faut généralement allier vie professionnelle et doctorat…
 
3) La détermination du sujet de thèse : Elle s’effectue avec le directeur de thèse. Parvenir, dès le début, à bien déterminer son sujet, et l’intitulé de son sujet, est chose primordiale (éviter les sujets trop larges, ou qui risquent de conduire à une impasse). Le rapport avec le directeur de thèse est donc essentiel, car il peut permettre de trouver, de dégager, l’intitulé qui correspondra le mieux aux souhaits exprimé par l’étudiant.
A cet égard, il est important pour un étudiant ne bénéficiant pas d’aide spécifique de solliciter un ou plusieurs professeurs avec une idée, pas nécessairement arrêtée, mais néanmoins précise, de thématique souhaitée.
La faisabilité du sujet potentiel peut ainsi faire l’objet d’une discussion (et la motivation est également montrée par l’intérêt que la personne a déjà porté au sujet).
 
4) La méthodologie de travail : Il faut éviter de ne faire que de la recherche pure pendant les 2 premières années. Il est fortement conseillé de commencer à rédiger, même si l’on change évidemment en cours de route un certain nombre de choses. Il ne faut pas commencer à rédiger à partir de la 3e année….
Hormis ce point, je pense que la méthodologie de travail ne peut être uniforme : elle dépend des relations avec le directeur de thèse, et de l’étudiant lui-même (les façons de travailler varient sensiblement entre les individus).
Il ne faut pas s’arrêter à un modèle-type : chaque individu est différent, et l’important est le degré de motivation, et la fixation d’objectifs, et non d’essayer de se calquer sur une autre personne parce qu’elle aurait réussi.
 
En d’autres termes: si une thèse est très prenante, ce n’est pas forcément en y consacrant 10 heures d’affilée par jour que l’on y arrive. Il faut savoir se connaître, être capable de doser sa charge de travail, et surtout, je crois, de se tenir, personnellement, aux objectifs que l’on se fixe (à l a fois en termes de délai, de rédactionnel pour telle ou telle sous-partie…).
 
Voilà les points qui me paraissent fondamentaux dans l’engagement d’une thèse.
Share This