LLM

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 Chaque année, de plus en plus d’étudiants en droit font le choix de compléter leur formation par une année d’étude à l’étranger, que ce soit en droit ou en économie. Cette possibilité peut vous être offerte :

dans le cadre des programmes d’échanges mis en place par l’université (ex : échange Erasmus), mais aussi via des programme de type LL.M. (du latin « Legum Magister ») qu’il vous appartient de rejoindre par vos propres moyens.

Ces derniers, s’ils vous offrent l’opportunité de découvrir un système juridique différent par exemple et de parfaire votre maitrise de la langue peuvent s’avérer complexe, couteux et pour le moins laborieux d’accès. A ce titre, ASSAS.NET vous propose de découvrir les étapes clés pour obtenir le LL.M. de vos rêves.

1. Un annuaire des LL.M. ?

Pendant longtemps confidentiel, ce diplôme s’est peu à peu développé à travers les universités anglo-saxonnes. Dorénavant, il vous est possible de partir dans de nombreux pays du globe avec une offre plus ou moins étoffée selon votre destination.

Afin d’établir une liste des programmes LL.M. offerts dans le pays qui vous intéresse nous vous recommandons de consulter le site www.llm-guide.com. Ce site recense de façon plus ou moins exhaustive les programmes LL.M. offerts dans les pays visés. Un outil de recherche vous permet en outre de rechercher par type de spécialité, de langue et de durée du programme (temps complet/mi-temps).

2. Quel type de LL.M. ?

Selon vos motivations vous pouvez rejoindre un programme LL.M. généraliste ou spécialisé :

Le premier offre une vision globale du droit du pays visité (ex : Aux Etats-Unis, LL.M. U.S. Legal studies). Il vous permet de composer votre programme autour d’un tronc commun de matières imposées et une série de matières de votre choix. Ce type de programme a l’avantage de la souplesse et de coller à vos envies.

À l’inverse un LL.M. spécialisé (ex : LL.M. en Propriété Intellectuelle) ne vous proposera que des matières tournées vers votre spécialité. Selon votre université, il ne vous sera possible de prendre des matières en dehors de votre spécialité que de façon limitée selon un ratio fixé par l’établissement. Ex : si votre LL.M. spécialisé nécessité la validation de 23 « crédits » pour son obtention il ne sera généralement possible que de valider 6 à 9 « crédits » via des matières en dehors de votre spécialité.

3. Comment faire son choix ?

Une fois votre type de programme fixé et votre liste des LL.M. établis il convient de faire un choix. En effet, comme vous le découvrirez lors de la phase préliminaire, l’offre de programme peut être vaste.

Nous vous recommandons de hiérarchiser les universités qui s’offrent à vous. L’idéal étant d’arriver à une liste finale d’environ 5 universités (idéalement 3). Pas d’avantage ! Car comme vous le découvrirez plus bas les formalités administratives liées à vos candidatures sont longues, couteuses et fastidieuses.

Pour établir votre classement il vous est nécessaire de vous renseigner sur la réputation de l’établissement, son éventuel classement sur le plan national ainsi que la notoriété du LL.M. que vous visez. En effet, sur ce dernier point, un LL.M. en droit de l’environnement pourrait être plus coté dans une université « moyenne » au classement national comparé à son équivalent dans un établissement prestigieux en raison des professeurs qui y enseignent et de leur influence doctrinale dans la matière.

Dans cette démarche, n’hésitez pas à contacter vos amis, connaissances ou anciens de l’établissement (via les groupes Facebook des LL.M. par exemple) pour connaitre leur avis sur les programmes visés. Ecumez les forums de discussions, faites jouer votre réseau, sollicitez vos professeurs. C’est un véritable travail d’enquête qui vous attend.

4. Un LL.M. oui, mais à quel prix ?

Dans l’édition de votre « top 5 » la question financière devra être prise en considération. En effet, selon le pays et l’université visés les coûts d’inscription varient du simple au double. Ainsi à titre d’exemple, une année d’étude à UC Berkeley (Californie – USA) vous en coutera 45 000 US$ (31 000€) quant une année à Sydney University (Australie) vous en coutera 28 000$ (18 000€) ou en Angleterre selon les universités environ 16.000£ (18 000€).

À ce coût d’accès au programme s’ajoutera vos dépenses périphériques dont l’ampleur varie selon les destinations :

– Un loyer

– Une couverture médicale (la compagnie d’assurance peut vous être imposée par l’université)

– Les livres nécessaires à vos cours (ex : 150$ en moyenne pour un ouvrage aux Etats-Unis)

– Vos frais de vie (nourriture, sorties, loisirs)

– Frais de visas et de formalités administratives

– Vos billets d’avion

Dans vos simulations arrondissez systématiquement vos postes budgétaires à la hausse et provisionnez une ligne « divers » pour l’imprévu. Si vous envisagez un départ en LL.M. en qualité d’avocat ou élève-avocat au Barreau de Paris vous bénéficiez d’une possibilité d’emprunt à taux réduit (2.7%) avec caution de la CARPA et remboursement différé via la BNP.

Pensez également aux bourses. Des cabinets d’avocats en octroient, le programme Fulbright (pour les États-Unis) également, enfin toutes les universités offrent sur critères propres des bourses à leurs étudiants sous forme de réduction voire d’exonération des frais de scolarité.

5. Établissez un rétro-planning

Une fois votre liste établie c’est une course contre la montre qui débute. En effet, comme vous le découvrirez dans les dossiers de candidature, chaque université dispose de son propre calendrier. Les universités les plus prestigieuses (submergées par les candidatures) vous imposeront des dates limites de dépôt très tôt dans l’année. Exemple : Septembre/octobre 2011 pour un début du programme en Août 2012 !

Le temps jouant contre vous il est donc impératif que vous comptiez 2 mois à rebours de votre date limite. Cette période (même si elle peut vous paraitre excessive) s’avérera indispensable pour l’obtention des nombreux éléments nécessaires à la constitution de votre dossier. En effet, comme vous le découvriez lors du processus, la multiplicité des personnes & services tiers qu’il vous sera nécessaire de solliciter ne vous rendra plus maitre et garant de votre calendrier.

6. Les pièces nécessaires à votre dossier de candidature

Dans l’établissement de votre retro-planning, la liste des pièces nécessaires à la constitution de votre dossier tient une place prépondérante. En effet, chaque université a ses exigences et sa liste des éléments à fournir. A titre préliminaire sachez qu’il peut être recommandé (voire imposé par certaines universités américaines) de faire appel à un organisme appelé LSAC (Law School Admission Council). Cet organisme vous propose (moyennant finance) de collecter toutes les pièces exigées par les universités et de les envoyer pour vous formatées & traduites (5 universités max). Cela peut s’avérer intéressant selon vos démarches.

Dans tous les cas, 6 éléments clés seront nécessaires à la constitution de votre dossier :

a) Vos relevés de notes de Licence & Master

Les universités veulent connaitre vos résultats universitaires. Meilleures sont vos notes, meilleures sont vos chances d’être accepté(e) dans les plus prestigieuses universités. Il vous sera donc nécessaire de récupérer l’ensemble de vos relevés de notes originaux auprès de toutes les scolarités que vous avez fréquenté… Pour Assas, le chemin de croix débute ici ! Avec une scolarité à Vaugirard pour la L1, une à Assas pour de la L2 au M1 et une au Panthéon pour votre éventuel M2 armez vous de patience et consultez au préalable les horaires d’ouverture. Il vous faudra bien entendu autant d’originaux que de dossiers de candidatures que vous souhaitez envoyer.

A cette occasion, pensez à demander à la scolarité une « grade explanation ». Ce document (le seul en anglais fournit par l’université) explique notre système de notation et le pourcentage d’étudiants ayant obtenu les différentes mentions offertes par l’établissement. C’est un guide précieux qui permet de convertir en lettres (A, B, C, D) les notes que vous avez obtenues lors de vos années.

Selon les universités, ce document explicatif peut s’avérer suffisant. Cependant, dans la majorité des cas il ne l’est pas. En effet il ne traduit pas l’intitulé des matières qui composent vos relevés de notes. Il vous sera donc nécessaire de faire appel à un traducteur assermenté pour traduire l’ensemble de vos relevés. Si vous ne savez pas où trouver un traducteur assermenté nous vous recommandons de faire appel aux traducteurs recommandés par l’ambassade parisienne du pays que vous visez. Attention : ces traductions ont un coût (à la page/au forfait) et des délais qui varient. Comptez généralement entre 300/500€ selon les délais.

b) Une ou plusieurs lettre(s) de recommandation

En la matière chaque université à ses exigences. Certaines vous demanderont plusieurs lettres de recommandation, d’autres vous donneront des formulaires à l’attention de vos garants, d’autres encore souhaiteront que les lettres soient cachetées pour garantir la liberté d’évaluation du garant à votre égard.

Dans tous les cas, il est indispensable de bien choisir la personne qui vous recommandera. Un professeur de droit ? Votre ancien maitre de stage ? Une personnalité publique ? Prenez les « plus gros poissons ». Bien que les universités s’en défendent, elles attachent beaucoup d’importance lors de la sélection des dossiers au titre et/ou la fonction de votre garant. Ainsi un avocat associé aura plus de poids qu’un « simple collaborateur ». Un professeur de droit plus d’impact que votre chargé de TD.

Idéalement, cette lettre doit être en anglais (si ça n’est pas le cas, il faudra comme pour les relevés de notes faire appel à un traducteur, envisagez dans ce cas de négocier un forfait pour tous vos éléments). Notre conseil pour une bonne lettre de recommandation : laissez du temps à votre interlocuteur pour la rédiger ! N’arrivez pas dans son bureau, pensant repartir avec la lettre sous le bras 10 minutes plus tard. Au contraire, prenez rendez-vous, expliquez lui lors de votre entretien votre projet et soulignez l’importance de ce courrier. Votre garant prendra ainsi le temps de trouver les mots justes pour vous décrire et soutenir au mieux votre candidature.

c) Une lettre de motivation et un CV

La lettre de motivation est une étape obligée de votre dossier de candidature. Elle doit vous présenter le plus fidèlement possible et donner envie à son lecteur de vous rencontrer, d’en savoir plus sur vous. A travers cet écrit, il convient donc de vous présenter sous le meilleur jour possible. Expliquer brièvement votre parcours et surtout les raisons qui vous ont décidé à candidater pour cette université. Soyez précis, adressez votre lettre à un interlocuteur désigné (exit le Monsieur/Madame informel) et concis (deux feuillets verso maximum).

Votre CV résume votre expérience professionnelle et votre parcours universitaire. Selon le pays que vous visez les règles quant à son format varient. Ainsi pour les Etats-Unis, ne mentionnez jamais votre sexe, votre date de naissance ou votre statut marital. Ces mentions sont interdites au nom du principe de non discrimination. De même les américains se moquent de savoir si vous pratiquez le judo ou la natation synchronisée. En revanche, ils attacheront beaucoup d’importance à vos distinctions (ex : un prix lors d’un concours d’éloquence) et vos éventuelles actions associatives et/ou caritatives.

Dans tous les cas faites toujours relire vos éléments par une personne native du pays visé. Votre correcteur aura un regard critique sur vos écrits et pourra formater vos éléments au regard des codes et usages de son pays.

d) Un certificat de votre niveau de langue

Qu’il s’agisse du TOEFL, TOEIC (pour la langue anglaise), du WIDAF (pour l’allemand) ou autres ce test est déterminant pour prouver votre maitrise de la langue du pays visité. Selon les universités le score minimum varie. Exemple : Généralement un minimum de 100 sur 120 pour un TOEFL iBT est demandé pour les universités américaines.

Ce test est généralement sur ordinateur (clavier QWERTY pour les tests de langue anglaise) avec des parties écrites, orales et de compréhension. Attention l’inscription à ces examens est payante (150 € en moyenne) et les dates d’examens généralement complètes longtemps à l’avance. Prenez donc de l’avance et inscrivez-vous le plus en amont possible quite à vous inscrire à deux sessions dans l’hypothèse ou le premier test déboucherait sur un score insuffisant.

Gardez également en tête que les résultats de votre test ne seront disponibles que 15 jours à 1 mois après votre examen. Ces délais (variables selon le type de test) doivent donc être bien pris en compte dans votre retro-planning ceci afin d’éviter tout retard. Sachez en outre, que nombre d’universités imposent que l’organisme en charge de votre test leur communique directement vos résultats ceci afin d’éviter toute tentative de fraude. Vous avez cependant la possibilité de bloquer ce transfert de résultat si vous jugez votre note insuffisante.

e) Un ou plusieurs essais

Ultime document, purement scolaire, plus ou moins demandé selon les universités, vous pourrez être invité à disserter sur une question juridique (ex : « Que pensez-vous de l’efficacité de la SEC dans la gestion de la crise financière américaine ?») ou non (ex : « Quel a été le plus gros défi auquel vous avez du faire face et comment l’avez-vous résolu ? »).

Cet exercice est l’occasion pour les sélectionneurs d’appréhender votre qualité rédactionnelle et votre motivation. Là encore, vous prendrez soin de faire relire plutôt deux fois qu’une votre rédaction afin d’éviter de grossières fautes de grammaire ou de vocabulaire.

7. Armez-vous de patience et attendez…

Une fois vos dossiers constitués et envoyés (par FedEx ou UPS, c’est toujours mieux d’avoir un suivi et une garantie de livraison) il ne vous reste plus qu’à attendre. L’attente peut être longue et plus ou moins stressante selon chacun. Dans tous les cas armez-vous de patience ! Vous recevrez toujours une réponse, qu’elle soit positive ou négative.

Lors du prononcé du résultat vous pourrez être soit : refusé(e), soit sur liste d’attente, soit admis(e). Dans l’hypothèse heureuse ou vous êtes admis(e) dans plusieurs universités vous aurez le plaisir de pouvoir faire votre choix (attention il est souvent demandé des réponses rapides). S’en suivra alors un nouveau marathon administratif pour l’inscription à l’université, vos démarches pour l’obtention d’un VISA si le pays d’accueil en demande un (le processus américain est notamment l’un des pires et des plus couteux) puis de l’installation et du commencement d’une année nouvelle loin de vos repères habituels.

Gardez en mémoire que l’expérience que vous en retirerait sera à jamais gravée dans votre esprit ! Vous rencontrez une autre culture, une autre langue, des gens et des façons de penser différents. Vous y gagnerez humainement et intellectuellement. Une fois l’année passée, vous exprimerez peut être le désir de rentrer ou de rester.

Dans tous les cas, ASSAS.NET vous souhaite bonne chance dans vos démarches et compte sur votre «feedback» une fois l’épisode terminé !

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